parcours

Né à Genève en novembre de l’année 1955, je suis passeur d’âme, contemplatif certifié et père de trois enfants.
 
Diplômé en 1974 de l’école des Arts et Métiers de Genève en section Horlogerie, toutefois je ne ferais jamais carrière dans ce domaine. L’appel du vivant, son exploration, la rencontre avec l’humanité de l’individu et celle plus large des humanités au cours d’une période d’évolution profonde seront plus forts que de prendre le chemin d’une carrière horlogère et me feront aller sur les chemins où se découvre un Homme, sa perception du monde et sa dimension spirituelle alors qu’il traverse un palier d’évolution de sa sensibilité lors de révolutions de multiples cycles comme celui d’un nouveau siècle, d’un nouveau millénaire d’une nouvelle ère de deux mille ans…
 
Ce changement subtil de paysage sensoriel se rendant perceptible guidera mes pas sur les chemins par lesquels j’apprends aujourd’hui encore à assumer la destinée qui m’interpelle depuis l’enfance. C’est lors de cette période de l’existence, sans savoir pourquoi, je formulais le vœu de mener une vie simple, retirée du monde, répondant à mon besoin d’écouter du vivant. Rêveur, je pensais m’engager dans la voie d’une vie monastique, seule représentation possible à l’enfance.
 
Une fois obtenu mon diplôme professionnel de fin d’études, ayant atteint l’âge adulte, j’étais libre et responsable de mes choix. Je gardais en mémoire mon vœu. Cependant, au vu des événements se déroulant dans le milieu des années 1970, je ressentis le besoin de mesurer cet avenir à l’actualité se manifestant à la fin du XXe siècle. C’est au cours de méditations que m’apparut à plusieurs reprises la vision de murs tombants. L’enceinte des monastères s’effondrait. Nous étions à une quinzaine d’années de la chute du mur de Berlin et à moins de dix ans des événements culturels ayant secoué l’équilibre sociétal occidental en mai 1968. Ne sachant pas trop comment interpréter sur le moment cette vision, je prenais conscience de la réalité autre qu’elle inscrivait dans mon esprit et où se dévoilait un dessein différent de celui de mes vœux d’enfance. Le changement profond des équilibres en cours dans le monde, fragilisant l’establishment culturel et social, me faisait sentir la vulnérabilité dans laquelle notre humanité plongeait, l’emportant dans un tourment où de nombreux fondements et valeurs humaines seront à redéfinir. Le monde était dans en marche vers ce qui sera pour l’humain le paysage d’un nouveau paradigme à découvrir une fois affranchi de son attachement au précédent.
 
Je devenais un témoin de cette période où l’humanité faisait son entrée dans l’une de ces périodes, où de multiples cycles temporels s’achèvent alors que d’autres s’initient, et où se redéfinissent de nombreux aspects du rapport de l’Homme au vivant, où se réajuste sa vision intellectuelle dans l’émergence des dynamiques insoupçonnées telles que celles découlant de la durée du siècle, du millénaire, de l’ère… C’est dans ces nouveaux bains énergétiques que se perçoit le changement du rapport de l’Homme au vivant. C’est dans l’écoute de la traverser de ces grands carrefours cycliques, que se révélera, à son esprit, la manière de s’humaniser et d’accéder à ce qui sera le nouveau paradigme. Mais, le temps ne dévoile pas les paroles de sa musique à venir et c’est là que tout est à redécouvrir dans une sensibilité grandie.
 
Dans ces considérations évolutives, le monastère fiché dans son écrin de nature retirée et préservée s’estompait de ma réalité, laissant la place à une autre se faisant jour et où apparaissait un monastère au cœur de la personne, au cœur de son lieu de vie. C’était une réalité émergente, mais bien manifeste dans le courant de ces décennies et qui trouva plus tard sa place dans divers courants religieux. Ce changement de lieu d’être marquait une modification profonde dans la collégialité fraternelle et structurante d’un ordre monastique ou d’un autre. Tout semble être à redécouvrir dans cette période de révolution des grands cycles. Cette réalité m’éloigna, non sans difficulté, de ces lieux de vie et me propulsait dans une existence d’ermite allant solitaire sur les chemins d’une actualité sans précédent se vivant dans un environnement fortement conditionné des habitudes établies, du prêt-à-penser institué, de sécurisantes conventions sociales et de nombreuses croyances dépassées.
 
Je n’étais pas en rupture avec le monde des religions, je ne me reconnaissais plus dans la sensibilité des divers courants religieux qui ont éclairé l’esprit de l’Homme durant 2’000 ans. Cela renforça en moi le besoin d’explorer ce neuf émergeant et la manière dont s’amorce la réponse sensorielle, réactionnelle et émotionnelle de mes semblables. Citoyen, je veux bien l’être, mais je ne pouvais écarter de moi l’impérieux besoin de rencontrer l’Homme dans la lumière de ce nouveau fleurissant, de cet inédit commençant à informer le tissu sensoriel des individus suffisamment fortement pour influer sur sa pensée et son esprit. Je suis parti sur cette route durant plusieurs années pour sonder l’évolution des pensées, pour sentir comment ce bain est perçu par l’Homme, comment il advient à un humanisme renouvelé, régénéré, grandi… Je cherchais à rencontrer cet Homme, cet humain assumé par « l’être » existant dans « le vaste ici, et l’étroit maintenant » par toutes sortes d’expériences. La raison était de me mettre en condition d’écoute de l’époque se traversant et de sentir comment nous vivons ce mouvement et découvrons notre humanité dans une sensibilité à apprivoiser.
 
Cette quête m’a mené sur de multiples voies et formations, dont une, réalisée dans le cadre d’une formation continue en psychiatrie sociale et communautaire, pour laquelle j’ai rédigé un mémoire sous le titre de : « Qu’en est-il des personnes qui visitent la demeure du présent et qui ne se reconnaissent plus dans les valeurs sociétales en cours ?« 
 
Parallèlement aux diverses expériences groupales, je poursuivais ma recherche dans la vie spirituelle. La spiritualité ne s’arrête pas aux religions. Ces dernières sont des grilles de lecture dont la sensibilité ne donne qu’une vue limitée à leur raison. Aussi, je poursuivais ce chemin en approfondissant les notions d’astronomie et de physique acquises lors de mes études professionnelles, comprenant par là que la spiritualité va bien au-delà de la simple vue d’esprit, mais qu’elle est présente dans le cœur même de la plus petite particule de matière. Le vivant devenait le temple où se jouent les jeux de la vie et de ce qu’on prétend par conscience.
 
J’ai toujours porté un intérêt important aux durées et à la périodicité des cycles, à leur révolution, à la dynamique s’en dégageant, aux archétypes, aux présences sous-jacentes à toute expression de vie, à cette part du monde que l’on ne voit pas derrière le voile visible du monde. J’ai complété mes connaissances en étudiant l’astrologie humaniste, mais aussi, dans un esprit plus fondamental, sur les mouvements de vie par des approches corporelles, me sensibilisant sensoriellement à la perception des patterns et des lois gouvernant l’univers, faisant le rapprochement avec diverses notions de physique quantique sans oublier de retourner aux textes sacrés et à l’éclairage que l’on peut y trouver, car ce sont les témoignages de la sensibilité des phénomènes universels perçue par l’Homme à l’époque de leur expression. C’est dans ce creuset culturel que j’ai eu le privilège de suivre les enseignements de religieux, dont l’intelligence, la sensibilité et le discernement donnent à leur lecture une résonance rejoignant l’intelligence sensorielle avec laquelle je poursuis mon exploration. Leur générosité et leur connaissance m’ont été d’une grande et précieuse aide dans l’apprentissage de nommer au mieux la perception du vivant que j’acquérais sensoriellement.
 
Cette trajectoire jouera à renforcer l’appel du passeur d’âme me liant depuis l’enfance au mystère des passages par où l’on vient à l’existence et l’on s’en retire.
 
Loin d’être une expression morbide, le mouvement des existences me liera aussi au mystère des naissances ouvrant à d’autres au-delà et dont j’ai appris à prendre soin menant l’être d’un individu quittant le monde à naître à une autre dimension dans laquelle se poursuit son éternité. C’est un changement profond sur la notion de mort en cours dans notre approche culturelle des mouvements « du naître et du mourir » et où se déploie une sensibilité dévoilant un au-delà à accompagner pour aider l’être à s’affranchir de ses liens existentiels, celui de son énergie psychique, de ce bastion de sentiments, de son tissu sensoriel et émotionnel, des liens affectifs, familiaux, générationnels, transgénérationnels, culturels, transculturels…, avec lesquels il tissa la toile de son habit terrestre.
 
La réalité s’imposant aujourd’hui est
 
Mon vécu des états modifiés de la perception de la conscience depuis la petite enfance, m’a grandement aidé d’entrer dans ce champ de réalités. J’ai toujours vécu des expériences comme celles évoquées dans les récits d’expériences de mort imminente (NDE), ou dans les expériences de sortie du corps (OBE). Je ne partage pas forcément les notions que transmet la littérature à ce sujet, toute scientifique soit-elle, comme je peine à adhérer à certains dires prétendus médiumniques. Tous cherchent à comprendre un phénomène à partir d’une lucarne de raison par laquelle s’analyse parfois avec trop de rationalisme un phénomène n’y entrant pas. Le vécu des perceptions modifiées de la conscience, comme ceux des sens, me fera travailler sur ce que nous nommons  les perceptions extrasensorielles. S’ensuit une longue exploration dans le monde fermé de la thanatologie, mais aussi de la psychiatrie, de la médiumnité et de différents courants s’y rapportant. Cela me donnera l’occasion de participer à la création et à la vie de diverses associations en santé mentale (Réseau Entraide sur l’Entente des Voix, Psyfor… ainsi que de participer à divers groupes de réflexions dans ces domaines comme le Grepsy, LAB, Pro Mente Sana…, et de travailler en lien étroit avec les institutions médicales genevoises.)
 
Depuis plusieurs années, le vécu de passeur d’âme me fait découvrir qu’il dépasse de beaucoup la sphère individuelle et qu’il ne s’arrête pas à l’accompagnement « du naître et du mourir » de la personne. L’évolution du mode influençant le mode de vie actuel ne manque pas de questionner le rapport de l’individu à l’existence et au sens d’exister, redéfinissant de manière plus large le sens d’être au monde parmi ses paires. Je retrouvais le changement d’ordre profond qui transforme les humanités et provoque les individus à vivre de nouveaux sentiments pour lesquels la raison manque de connaissance. Je suis retourné à ce silence qui porte l’attention à ce qui advient à l’humain, à explorer comment l’être informé du présent vit l’homme pour exprimer de l’humanité.
 
Si aujourd’hui tout semble aller de travers, il est juste de commencer par comprendre que les réalités rencontrées de ce neuf ne sont pas encore de l’ordre de l’entendement. Serons-nous capables de les intellectualiser ? Ce n’est pas le fait d’une seule personne de le réaliser, car le monde des notions comme de l’intellection est une affaire collective et c’est ce que nous avons à travailler. C’est le plus beau devenir qui m’ait été donné de connaître qui se résume à prendre soin de l’humanité et de l’être dans le vivant. C’est ce point qui m’a donné la motivation de créer la plateforme de « l’Humain de l’être, pour une écologie du vivant »
 
F.L.